Un lien entre acides aminés des cheveux et régime alimentaire

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Une équipe de chercheurs de l’Université d’Utah (Etats-Unis) a réussi à démontrer un lien entre les cheveux d’une personne et… son régime alimentaire, ainsi que sa catégorie socio-économique. Une étude isotopique des échantillons capillaires a permis de révéler cette connexion improbable.


Un cheveu grossi 200 fois au microscope





Les acides aminés, à l'origine des molécules de protéines, sont essentiels à la survie de l'Homme. On les retrouve en grandes quantités dans le corps humain, et entrent notamment dans la composition des mèches de cheveux. Or, les acides aminés préservent des traces chimiques permettant de retracer leurs origines. En effet, il est possible de classifier les atomes composant ces molécules selon leur provenance géographique, grâce aux ratios isotopiques relevés. C'est ainsi qu'à partir de simples cheveux, récupérés dans différents salons de coiffures, l'équipe du professeur Jim Ehleringer  a pu démontrer une corrélation entre la composition des cheveux, le régime alimentaire et même la catégorie socio-économique d'une personne. Les travaux menés par le professeur de l'école de sciences biologiques de l'Université de l'Utah ont été publiés dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences.

Retracer les acides aminés selon leur ratio isotopique

Isotopes. Un élément chimique possède plusieurs “versions” aux masses atomiques différentes : ce sont les isotopes. Le carbone, par exemple, possède quinze isotopes connus, le plus abondant étant le carbone 12, 12C. Le carbone 14 14C est par exemple utilisé pour des techniques de datation de roches et sédiments.

Chaque source de protéines possède un ratio isotopique qui lui est propre. Une fois transformés en acides aminés, les ratios, notamment des atomes de carbone, restent les mêmes. De la même manière, comme l’avait montré une autre étude menée par le Pr Ehleringer, chaque source d’eau possède une abondance isotopique distincte. Ainsi, il est possible de “retracer” le parcours effectué par un acide aminé, de sa synthèse naturelle jusque dans les mèches de cheveux de la poubelle d’un salon de coiffure.

L’équipe de biologistes a parcouru 65 villes de 20 états américains différents, ainsi que 29 agglomérations supplémentaires de la Salt Lake Valley autour de leur université de rattachement, dans le but de collecter des cheveux. Poignées par poignées, les chercheurs ont vidé les poubelles de différents salons de coiffure. “La technique d'échantillonnage était aveugle par rapport à l’âge, le sexe, le taux de revenus, la santé de l’individu ou tout autre facteur, excepté le taux isotopique”, explique le Pr Ehleringer dans un communiqué. Au total, ce sont environ 684 individus différents qui ont été étudiés.

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