
télécharger
Economiste de la santé, notre auteur s’intéresse aux disparités d’un établissement à l’autre, d’un praticien à l’autre, en matière de prescription de médicaments ou d’actes chirurgicaux. Dans son ouvrage « La coûteuse inégalité des soins », qui vient de paraître aux éditions Economica, il se livre avec son co-auteur Roland Cash, médecin et économiste, à une analyse implacable d’un système « qui n’est pas géré ». Estimant qu’on peut faire mieux pour moins cher, en évitant notamment les actes inutiles.
La chirurgie bariatrique est une chirurgie de l’estomac pour les patients atteints d’obésité sévère ou compliquée. Cette technique est cependant invalidante. Elle ne devrait être employée qu’en dernier ressort. Pourtant, elle est pratiquée de plus en plus largement.
Afin de réduire les capacités de l’estomac à contenir de la nourriture, il y a trois grands types d’intervention. La première est la pose d’un anneau gastrique ajustable à l’endroit de la jonction entre l’œsophage et l’estomac, qui réduit le diamètre de « l’entrée » dans l’estomac. Cette intervention a l’avantage d’être réversible, contrairement aux autres. La deuxième intervention possible est le court-circuit gastrique ou by-pass. Le chirurgien établit une liaison entre le haut de l’estomac et le tube digestif, court-circuitant la majeure partie de l’estomac qui ne reçoit plus d’aliments. Troisième intervention, la sleeve gastrectomy, qui réduit la taille de l’estomac directement. On en enlève environ les quatre cinquièmes, pour ne conserver qu’un tube étroit.
Ces interventions sont mutilantes, mais pour les personnes en hyperobésité, cela permet de juguler une situation impossible à résoudre par le seul régime. Encore faut-il avoir essayé le régime auparavant ! Surtout qu’après ces interventions, le patient est obligatoirement soumis à un changement radical de ses habitudes alimentaires, et doit faire attention à ne pas subir de carences nutritionnelles.
Une chirurgie réservée aux patients ayant un indice de masse corporelle élevé
Les recommandations officielles indiquent que ces interventions constituent un traitement de deuxième intention, en cas d’échec d’une prise en charge médicale, diététique et psychologique bien conduite, pendant au moins six mois. Elle concerne certains patients seulement, en fonction de leur indice de masse corporelle (IMC). L’IMC est le rapport entre le poids et la taille en mètres élevée au carré. La norme se situe entre 19 et 25. L’obésité commence à 30 ; au-delà de 35, on parle d’obésité sévère et, au-delà de 40, d’obésité morbide ou massive. Pour la chirurgie de l’obésité, l’IMC doit être supérieur à 40 – ou à 35 lorsqu’il existe des comorbidités comme un diabète, une hypertension artérielle, une apnée du sommeil.
Il faut aussi que la décision d’intervention soit collégiale, pluridisciplinaire et qu’un suivi de long terme soit organisé, avec prise en charge hygiéno-diététique durant toute la vie. Une autre condition est que le patient ait été informé, ait compris et accepté la nécessité du suivi de long terme. Certains hôpitaux publics ont mis en place des centres experts (centres spécialisés de l’obésité ou CSO) pour organiser tout cela. Ce n’est pas simple car de nombreuses professions de santé sont impliquées : chirurgien, médecin endocrinologue/nutritionniste, diététicienne, psychologue… Toutefois, le recours à ces centres bien organisés n’est pas obligatoire.
Aucun commentaire